Magsacem n°79 - octobre 2010
Sommaire
- Echos : Signature YouTube, Hadopi et carte musique, le nouveau magazine Serge, réunion sociétaires en Corse...
- A la une : Internet, et mes droits, et mes droits, et mes droits ?
- Décryptage : La chanson boudée par la télévision.
- Coulisses : Avenir de la création - Actions pédagogiques et professionnelles ménées par la division culturelle et le Fonds d'Action Sacem.
- Agenda : Paris de la musique, festival Tous Courts, E-magiciens, Patrice Chéreau au Louvre, parution du livre Femmes de la chanson...
- Portrait : Gaëtan Roussel.
Navigation simplifiée, liens vers des informations complémentaires (communiqués de presse, agenda, sites web, vidéos...).
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Magsacem n°79 (format pdf)
(2386,22 Ko) - 04/11/2010
A ne pas manquer
Il revient sur sa carrière : de l'explosion de son groupe Louise Attaque à la fin des années 90 à la confirmation avec l'aventure de Tarmac.
Il évoque son métier d'auteur-compositeur et revient sur ses collaborations (Alain Bashung, Vanessa Paradis, Rachid Taha...).
Il parle de son aventure solo, avec son premier album Ginger.
Cela fait maintenant plus de vingt ans que le secteur de la musique semble avoir été oublié, sinon mis en quarantaine. Le pouvoir politique, qui garde pour le monde du cinéma et de l’audiovisuel les yeux de Chimène, semble avoir, pour les artisans des mélodies et des mots, ceux d’Harpagon.
Il y a, en effet, deux poids, deux mesures (à combien de temps, pour combien de temps ?). D’un côté, le Parlement a, dès 2007, voté une taxe sur les fournisseurs d’accès à Internet pour financer la production cinématographique nationale. De l’autre, le gouvernement a constamment refusé toute compensation pour les auteurs, compositeurs et leurs partenaires éditeurs de musique, alors qu’ils sont, et de très loin, les plus affectés par les échanges illicites qui dévastent la création. Comment expliquer cette différence de traitement, des centaines de millions pour les uns, rien pour les autres ? Les préjugés, le mépris, l’ostracisme ?
Oui, mes chers amis, nous sommes en droit d’être amers et inquiets car, alors que l’augmentation de la TVA pour les abonnements triple play des FAI peut affecter négativement les revenus des auteurs, rien n’est apparemment prévu pour conjurer ce risque, tandis que des ressources ont d’emblée été données au monde du cinéma. De même, en ce qui concerne la télévision, tout est mis en oeuvre pour favoriser la production et la diffusion des oeuvres nationales. Ce qui est légitime pour l’audiovisuel ne le serait-il pas pour la musique ? Pourquoi ?
Et lorsqu’un geste est fait pour la musique, c’est en faveur des producteurs phonographiques, qui bénéficient d’une compensation significative avec l’obtention d’un crédit d’impôt et le triplement de la rémunération équitable… On semble avoir oublié que les créateurs sont à la source de tout et qu’ils sont les premiers investisseurs dans le domaine des oeuvres. Le mythe des auteurs-compositeurs-interprètes, grands gosses « pétés de thunes », doit-il finir par en faire des parents pauvres ?
Il est temps de faire entendre notre voix… Beaumarchais écrivait : « En France, tout finit par des chansons », et Verlaine : « De la musique avant toute chose ». Il serait bon que le pouvoir s’en souvienne. Le nôtre est dans nos stylos, dans nos pianos… Il peut en naîtredes carmagnoles… Il faut qu’ils sachent, ceux qui nous ignorent,la détermination des « doux rêveurs ». Je compte sur vous.


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