Magsacem n°78 - juillet 2010
Sommaire
- A la une : Pourquoi la scène ne sauvera pas les auteurs-compositeurs
- Décryptage : Action culturelle - L'exception Françoises
- Coulisses : Auteurs-réalisateurs - Ils mettent la musique en lumière
- Agenda : Festival d'Avignon, festival Off-Courts de Trouville, Le Duc des Lombards...
- Portrait : Ibrahim Maalouf
Edito - Claude Lemesle
21 juin 2010
Oui, c’est ça, la musique, c’est cette langue universelle forgée par quelques-uns au profit de tous.
Je me balade dans mon quartier et ma marche est ponctuée par des rythmes de toutes les couleurs, un arc-en-ciel de mots et de notes.
Je me prends à imaginer…
Sur quelle place s’éclate-t-il, aux accents de quel groupe, cet internaute qui voue à la Sacem une haine farouche, alors que, pour lui, rien ne compte plus au monde que les oeuvres qu’elle défend ?
Combien sont-ils, ce soir, ses semblables, champions du « hitparadoxe », à rendre hommage, de tout leur corps, de tout leur coeur, à ceux qu’ils affectent de détester ? Sur quelle estrade joue-t-il, ce jeune hacker qui, voilà trois jours, a, sur notre portail, tenté de substituer par jeu, par provocation, une photo X à celle de votre nouveau Conseil d’administration, celui que vous avez été deux fois plus nombreux à élire, cette année, que l’an dernier, grâce au vote électronique ?
Dans quel bal danse-t-il avec sa chère et tendre, ce grave contempteur des salaires de nos dirigeants qui, inconsciemment sans doute, mais incontestablement hélas, apporte de l’eau au moulin des ennemis du droit d’auteur ?
Est-il R’n’B ou musette, rap ou rock, flonflon ou free jazz, Mozart ou Dutilleux, le grand technocrate européen à qui nous devons l’épouvantable fragmentation du répertoire, casse-tête des répartiteurs et génératrice de nano-paiements ?
Sur quelle plage des Antilles, de La Réunion ou de Guyane lancent-ils leurs accords aux étoiles, ces nouveaux laissés-pour-compte que l’extinction progressive de petites productions dans leur département laisse sans partenaires, livrés à eux-mêmes ? Je continue ma balade… Tous ces sourires, ces couples unis par une chanson, un air, un slam… Pourvu que ça dure !
22 juin 2010… Le petit matin éteint les derniers feux de la grande fête… Oui, pourvu que ça dure, que nous soyons assez forts, assez unis, dans les épreuves actuelles, pourvu qu’on ne puisse pas dire, un soir de juin 2060, feu la musique !


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