Hommage à Pascal René Blanc(1917-2011)
Février 2011
Les bonnes choses ne meurent jamais
Le destin est parfois bien mystérieux. En moins de deux mois, ce sont trois des collaborateurs et amis les plus proches d’Enrico Macias, les créateurs de ses premiers grands succès, qui viennent de nous quitter : Jacques Demarny, Martial Ayela, déjà évoqués dans cette rubrique, et aujourd’hui le parolier Pascal René Blanc, aussi discret qu’important dans sa carrière. Un funeste enchaînement qui ferait presque croire à un signe du destin, comme aurait justement dit Jacques Demarny, sensible aux « forces de l’esprit ». Voir partir ainsi et en si peu de temps d’aussi fidèles serviteurs de la musique populaire et de la culture méditerranéenne, est à la fois bouleversant et troublant, un peu comme si l’équipe des débuts avait voulu se reconstituer pour un dernier tour, quitter la scène unie comme au premier jour, en saluant à l’ancienne.
Si Pascal René Blanc ne collabora qu’un temps avec Jacques et Enrico, au milieu des années soixante, ce fut une époque inspirée, créative, comme tout ce qui préside aux débuts d’une grande carrière. Les chansons auxquelles son nom reste attaché comptent à la fois parmi les plus connues (« Enfants de tous pays », « Mon cœur d’attache », « Vous les femmes », « La femme de mon ami », « Notre place au soleil »… ) et les plus originales du chanteur, témoin ce petit chef d’œuvre méconnu : « Est-il un ennemi ou bien est-il un frère/Celui qui est tombé en même temps que moi ?/Et blessés tous les deux, couchés dans la poussière/ Ma main rejoint sa main sans savoir pourquoi » (« Est-il un ennemi »). Et le titre de l’une d’entre elles, « Je crois en l’homme jusqu’au bout », résume à la perfection ce qui fut sa préoccupation majeure avec Jacques Demarny. Ce dernier aimait raconter comment « Enfants de tous pays », titre culte de leur compositeur-interprète, avait peu à peu gagné le pays entier en passant par la voie des juke-boxes, et s’était imposée un soir que l’artiste faisait la première partie de Peter, Paul and Mary à l’Olympia ! A contre mode, en pleine époque yé yé, comme Adamo et Escudero. Rapidement, tous les transistors et les électrophones la connurent par cœur et la chantèrent de concert, et nos deux auteurs s’ingénièrent alors à graver à quatre mains les thèmes fondamentaux de la carrière et du personnage « Macias » : fidélité, fraternité, félicité, qui dans notre mémoire sont synonyme de vacances, même en hiver, tant elles regorgent de soleil et de joie de vivre. Puis Pascal avait changé d’horizon, quitté le monde des paroliers pour se consacrer à d’autres passions, mais ses chansons continuaient de parler pour lui au fil des concerts, des compilations et rééditions. Tant qu’il y aura des enfants et, hélas, des guerres, « Enfants de tous pays » restera d’actualité : comment l’espoir se démoderait-il ? Les fidèles gardaient aussi en tête et en cœur ses oeuvres écrites pour Colette Renard, Simone Langlois, Maya Casabianca, Isa Pardo, Gilda Gilles, tous ces titres de versos de 45 tours qui rêvent encore de hit-parades au fond de leurs pochettes d’époque. Souvent chanson varie, au gré des modes et des ondes, et les gens en retiennent l’air et le refrain, un titre pour la vie, qu’on fredonne sans y penser...
Ensemble, nous nous apprêtions à fêter en juin prochain ses 50 ans de présence à la Sacem, lors de la cérémonie annuelle prévue à cet effet. Nous aurons bien évidemment une pensée pour lui, pour eux, à cette occasion, en nous remémorant ces couplets d’eux qui ont fait le tour du monde : « Il faut penser au passé de nos pères/Et aux promesses qu’ils n’ont jamais tenues/La vérité c’est d’aimer sans frontières/Et de donner chaque jour un peu/Car la sagesse et la richesse n’ont qu’une adresse : le paradis » (« Enfants de tous pays »). Les refrains les plus légers prennent parfois une singulière gravité, avec la patine du temps, et notre cœur se serre en saluant le rideau qui tombe sur leurs pas, dans la grisaille de l’hiver…
Si Pascal René Blanc ne collabora qu’un temps avec Jacques et Enrico, au milieu des années soixante, ce fut une époque inspirée, créative, comme tout ce qui préside aux débuts d’une grande carrière. Les chansons auxquelles son nom reste attaché comptent à la fois parmi les plus connues (« Enfants de tous pays », « Mon cœur d’attache », « Vous les femmes », « La femme de mon ami », « Notre place au soleil »… ) et les plus originales du chanteur, témoin ce petit chef d’œuvre méconnu : « Est-il un ennemi ou bien est-il un frère/Celui qui est tombé en même temps que moi ?/Et blessés tous les deux, couchés dans la poussière/ Ma main rejoint sa main sans savoir pourquoi » (« Est-il un ennemi »). Et le titre de l’une d’entre elles, « Je crois en l’homme jusqu’au bout », résume à la perfection ce qui fut sa préoccupation majeure avec Jacques Demarny. Ce dernier aimait raconter comment « Enfants de tous pays », titre culte de leur compositeur-interprète, avait peu à peu gagné le pays entier en passant par la voie des juke-boxes, et s’était imposée un soir que l’artiste faisait la première partie de Peter, Paul and Mary à l’Olympia ! A contre mode, en pleine époque yé yé, comme Adamo et Escudero. Rapidement, tous les transistors et les électrophones la connurent par cœur et la chantèrent de concert, et nos deux auteurs s’ingénièrent alors à graver à quatre mains les thèmes fondamentaux de la carrière et du personnage « Macias » : fidélité, fraternité, félicité, qui dans notre mémoire sont synonyme de vacances, même en hiver, tant elles regorgent de soleil et de joie de vivre. Puis Pascal avait changé d’horizon, quitté le monde des paroliers pour se consacrer à d’autres passions, mais ses chansons continuaient de parler pour lui au fil des concerts, des compilations et rééditions. Tant qu’il y aura des enfants et, hélas, des guerres, « Enfants de tous pays » restera d’actualité : comment l’espoir se démoderait-il ? Les fidèles gardaient aussi en tête et en cœur ses oeuvres écrites pour Colette Renard, Simone Langlois, Maya Casabianca, Isa Pardo, Gilda Gilles, tous ces titres de versos de 45 tours qui rêvent encore de hit-parades au fond de leurs pochettes d’époque. Souvent chanson varie, au gré des modes et des ondes, et les gens en retiennent l’air et le refrain, un titre pour la vie, qu’on fredonne sans y penser...
Ensemble, nous nous apprêtions à fêter en juin prochain ses 50 ans de présence à la Sacem, lors de la cérémonie annuelle prévue à cet effet. Nous aurons bien évidemment une pensée pour lui, pour eux, à cette occasion, en nous remémorant ces couplets d’eux qui ont fait le tour du monde : « Il faut penser au passé de nos pères/Et aux promesses qu’ils n’ont jamais tenues/La vérité c’est d’aimer sans frontières/Et de donner chaque jour un peu/Car la sagesse et la richesse n’ont qu’une adresse : le paradis » (« Enfants de tous pays »). Les refrains les plus légers prennent parfois une singulière gravité, avec la patine du temps, et notre cœur se serre en saluant le rideau qui tombe sur leurs pas, dans la grisaille de l’hiver…


Adhérez à la Sacem










Envoyer cette page à vos amis

Youtube
Dailymotion
Wat.tv
Facebook
Actualités Sacem
Appli mobiles