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Grand Prix de la chanson française - Christophe

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Si l’on écrit un jour le livre des «atypiques» de la chanson, Christophe sera en couverture (et Manset, Vannier, Polnareff, Bashung, Murat, Voulzy ne seront pas loin).
Car il ne fait rien comme tout le monde : se fait un prénom là où les autres se font un nom, dort quand les autres travaillent (et inversement), passe des années en studio et n’arrête soudain plus de tourner, sort un disque quand ça lui chante, pas pour se répéter mais pour se renouveler, est aussi passionnant à écouter parler que jouer, faux sauvage et vrai dandy, à se demander si Fenimore Cooper n’a pas pensé un peu à lui en écrivant jadis son «Dernier des Mohicans».
Christophe
Otage à vie d’un prénom féminin et d’une plage abandonnée, il n’a pas depuis cessé de les dépasser, de Señorita en Laura, de Daisy en petite fille du troisième, de mama en marionnettes, de mots bleus en paradis perdus. Impossible de penser à lui sans parler Ferrari, Lamborghini, Fellini, Würlitzer, dandy rock, latin lover, Francis Dreyfus, Alan Vega, Olympia. Un artiste différent (pléonasme ?), avec look mais sans masque,
qu’on suivrait jusqu’au bout de la nuit, comme on sirote un vieux blues.
Comme tous les grands, il a plus d’une corde, d’une vie d’artiste à son clavier, qui ont fini par se confondre avec sa vie tout court. Il ne «compose pas» avec lui-même, et est l’un des rares, avec Alain Chamfort et Bashung, à avoir réussi un virage de carrière total.
D’abord, il a donc crié, fort et longtemps, pour qu’elle revienne, a construit des marionnettes, fan de chanson française (Piaf, Bécaud, Brassens) et surtout de blues (Robert Johnson), d’Elvis et de James Dean. Après ses débuts parallèles à Hervé Vilard, il vire de cap en se laissant pousser les moustaches et signant chez Motors (Francis Dreyfus). Avec l’auteur Jean-Michel Jarre, il produit alors ses plus beaux titres et albums, très pop : «Les paradis perdus », «Les mots bleus», «Señorita», «Le dernier des Bevilacqua», qui débouchent en 1975 sur un Olympia triomphal. Suivront «Le beau bizarre» (1978, salué par la critique), «Samouraï» (avec Boris Bergman), «Pas vu, pas pris», «Clichés d’amour» («Ne raccroche pas»), «Chiqué, chiqué», avec au passage des tubes attendus «Succès fou» : 600 000 ex.) ou… inattendus : «Boule de flipper» pour Corynne Charby et réédition de «Aline» (1,5 million de singles !). Après l’album «Bevilacqua» sorti en 1995 (Mercury), il publie en 2001 l’album «Comm’ si la terre penchait» (AZ), suivi de concerts à l’Olympia, après 26 ans d’absence scénique. La sortie de ces concerts en DVD chez AZ lui font décrocher une Victoire de la Musique en 2003. Banco ! En 2004, il chante même avec Bashung et Madonna «Les mots bleus» et «Amsterdam» à l’Elysée Montmartre ! Enfin, en 2008, il sort chez AZ «Aimer ce que nous sommes», avec la participation d’Isabelle Adjani, Daniel Filipacchi et tant d’autres. Si Aline revenait, elle n’en… reviendrait pas : son petit chanteur balnéaire est devenu un géant !

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