1985-2010 : Gainsbourg en avant-première à la Sacem
De Renaud à Joann Sfar
S’il excella à marier mots et notes, Serge Gainsbourg eut des rapports plus complexes avec l’image : la sienne, d’abord, dont il fit pourtant une arme redoutable, quasi inventeur du « look » moderne ; la peinture ensuite, qu’il considérait comme sa vraie vocation (« art majeur » à ses yeux) et qu’il finit par renier jusqu’à détruire la majorité de ses tableaux de jeunesse ; l’audiovisuel, enfin, où il s’essaya à la fois au cinéma, à la pub et au clip, adhérant à la Sacem comme réalisateur le 7 mars 1984.
Côté grand écran, mis à part ses multiples expériences d’acteur (dans des péplums d’abord, puis des polars, tournant avec Cayatte, Lautner, Camus, Poitrenaud, Le Chanois) et ses nombreuses bandes originales (Allio, Rouffio, Lautner, Poitrenaud, Chabrol, Godard, Le Chanois, Aurel, Blier, Boisrond, Rozier, Reichenbach, Granier-Deferre), il fit des débuts remarqués comme réalisateur en 1976 avec « Je t’aime moi non plus », dont on retient la fameuse « Ballade de Johnny Jane », puis « Equateur » en 1983 (avec Francis Huster), « Charlotte for ever » en 1986 et « Stan the flasher » en 1990 avec Claude Berri et Richard Bohringer.
Côté pub, il fut prolifique dans les années 80, en tant qu’acteur et/ou réalisateur, avec des films pour Bayard, Renault 9, Maggi, Gini, Orelia, Faure, Babyliss, Palmolive, Danone, Konika, Saba, la RATP, Lancôme, Pentex, Pepsodent, Woolite, Connexion, Brandt, Roudor… Un aspect de sa carrière qu’on méconnaît ou oublie souvent.
Côté grand écran, mis à part ses multiples expériences d’acteur (dans des péplums d’abord, puis des polars, tournant avec Cayatte, Lautner, Camus, Poitrenaud, Le Chanois) et ses nombreuses bandes originales (Allio, Rouffio, Lautner, Poitrenaud, Chabrol, Godard, Le Chanois, Aurel, Blier, Boisrond, Rozier, Reichenbach, Granier-Deferre), il fit des débuts remarqués comme réalisateur en 1976 avec « Je t’aime moi non plus », dont on retient la fameuse « Ballade de Johnny Jane », puis « Equateur » en 1983 (avec Francis Huster), « Charlotte for ever » en 1986 et « Stan the flasher » en 1990 avec Claude Berri et Richard Bohringer.
Côté pub, il fut prolifique dans les années 80, en tant qu’acteur et/ou réalisateur, avec des films pour Bayard, Renault 9, Maggi, Gini, Orelia, Faure, Babyliss, Palmolive, Danone, Konika, Saba, la RATP, Lancôme, Pentex, Pepsodent, Woolite, Connexion, Brandt, Roudor… Un aspect de sa carrière qu’on méconnaît ou oublie souvent.
Renaud : Morgane de toi
©P Achard
Enfin, on lui doit 11 court-métrages et clips, pour Jane Birkin (« Amour des feintes »), Charlotte Gainsbourg (« Charlotte for ever », « Lemon incest » en duo avec lui), Indochine (« Tes yeux noirs »), Marianne Faithfull, et en 1984, Renaud avec « Morgane de toi ».
C’est ce dernier clip qui fut présenté en avant-première à la Sacem un soir de 1984, l’une des rares fois (sinon la seule) où l’on put le voir « poser » avec les deux présidents de l’époque en exercice, Pierre Delanoë et Jean-Loup Tournier.
Pour libertaire et « provo » qu’il fût, l’enfant de la rue Chaptal, qui ne cachait pas par ailleurs son attachement aux institutions (police, Légion étrangère etc) demeurait un fidèle de cette société qui l’impressionnait sans doute autant qu’il l’impressionnait lui-même, quand il se changeait en Gainsbarre. D’où certains rendez-vous ratés, et même parfois posthumes !
C’est ce dernier clip qui fut présenté en avant-première à la Sacem un soir de 1984, l’une des rares fois (sinon la seule) où l’on put le voir « poser » avec les deux présidents de l’époque en exercice, Pierre Delanoë et Jean-Loup Tournier.
Pour libertaire et « provo » qu’il fût, l’enfant de la rue Chaptal, qui ne cachait pas par ailleurs son attachement aux institutions (police, Légion étrangère etc) demeurait un fidèle de cette société qui l’impressionnait sans doute autant qu’il l’impressionnait lui-même, quand il se changeait en Gainsbarre. D’où certains rendez-vous ratés, et même parfois posthumes !
Gainsbourg, vie héroique de Joann Sfar
©Universal
Ainsi la Sacem fit-elle salle comble dans son auditorium Debussy Ravel le 19 janvier 2010, lorsqu’elle proposa en avant-première à ses sociétaires le « biopic » atypique et fantasmagorique du dessinateur Joann Sfar (cf « Le chat du rabbin »), « Gainsbourg, vie héroïque ».
Avec Eric Elmosnino dans le rôle titre et un éblouissant casting féminin : Laetitia Casta, Anna Mouglalis, Sara Forestier et Lucy Gordon, tragiquement disparue quelques mois auparavant.
Avec Eric Elmosnino dans le rôle titre et un éblouissant casting féminin : Laetitia Casta, Anna Mouglalis, Sara Forestier et Lucy Gordon, tragiquement disparue quelques mois auparavant.
© T Bartel
Mais ce soir-là, c’était bien sûr la musique qui était à l’honneur, avec le compositeur-arrangeur Olivier Daviaud, qui eut la charge non moins héroïque de revisiter et réorchestrer l’œuvre du maître, avec le concours du pianiste Gonzalez.
Si le début du film, résolument tourné vers la bd, en désarçonna quelques uns, les superbes séquences consacrées à Juliette Gréco, Brigitte Bardot, Jane Birkin et à l’enregistrement de l’album « Aux armes et cetera » réconcilièrent tout le monde en donnant 20 ans après à la Sacem le « frisson de Serge », demeuré intact au travers des années.
©Universal
Au cinéma aussi, c’était par les femmes qu’il était sauvé, sublimé. Et ce n’était pas le moindre étonnement de croiser dans l’assistance Hugues Aufray, premier interprète du « Poinçonneur », portant allègrement ses huit décennies et son nouvel album en hommage à un autre prince : Bob Dylan.
Ce soir-là, face à un auditorium plein à craquer, Serge reçut le plus bel hommage –et d’une certaine manière le plus beau prix- que la Sacem lui ait jamais attribué : celui de la fidélité !


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