Interview de Christophe Soulard
« Nous percevons surtout le numérique, pour l'instant, comme une exploitation secondaire ».
La réponse est simple. Pour l'instant, il ne rapporte quasiment rien aux auteurs-compositeurs et n'est certainement pas à la hauteur des espérances. Nous sommes face à un marché du streaming balbutiant qui s'organise. En ce qui concerne celui du téléchargement, on connaît le paysage et les acteurs en place. Il y aura désormais plus de disparitions que de créations. J'ai plutôt tendance à penser que la marge de progression est du coté du streaming.
Qu'est-ce qui vous fait penser que le marché du streaming peut devenir plus rémunérateur ?
Tout reste à faire dans ce domaine, comme proposer à la vente, par exemple, des playlists élaborées qui correspondent à différents contextes. Ce genre de service à valeur ajoutée est pour moi la source de revenus du futur, celle qui va connaître la plus forte progression dans les années qui viennent. On peut imaginer que de nombreux acteurs extérieurs viennent proposer des services innovants aux consommateurs sur les différentes plateformes de streaming, qui seront payants, au delà de l'abonnement de base.
Si le numérique ne rapporte pas grand chose aux auteurs-compositeurs pour l'instant, qu'en est-il des artistes-interprètes, dont les revenus conditionnent ceux des managers ?
Ce que touche un artiste sur la vente d'un fichier numérique reste inférieur, aujourd'hui, à ce qu'il touche sur la vente d'un disque. Si le numérique représentait 50 % du marché, nous porterions beaucoup plus d'attention à cet aspect-là des choses. Mais nous percevons surtout le numérique, pour l'instant, comme une exploitation secondaire. J'aurais tendance à faire un parallèle avec ce qu'étaient les revenus en provenance des clubs il y a 20 ans ; ils étaient insignifiants et sont devenus plus conséquents avec le temps..
Le fait que ce marché peine à se développer n'est-il pas un sujet de préoccupation pour les managers ?
Le numérique, c'est bien beau, mais il ne nourrit pas son homme. Aussi, ce qui nous préoccupe le plus aujourd'hui, en tant que managers, c'est ce qu'on peut faire comme promotion et comme marketing pour nos artistes sur les réseaux sociaux, pour mieux générer des revenus derrière, quelque soit la source.


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