Phoenix, une touche française
Ils sont passés chez David Letterman, ont emporté un Grammy pour leur dernier album (disque d’or en France) Wolfgang Amadeus Phoenix, et sont quasiment plus connus là-bas qu’ici.
Et les Phoenix chantent en anglais. Comme tant d’autres qui, Internet aidant, rêvent sans complexe de carrière internationale.
Christian Mazzalai, guitariste, et Deck D'Arcy, bassiste, nous ont reçus dans les bureaux de Cooperative Music, leur maison de disques pour l’Europe, le Japon et l’Australie. Morceaux choisis.
Entretien avec Phoenix - Morceaux choisis
Christian Mazzalai et Deck D’Arcy : Oui. Dans notre manière de penser et d’écrire, même en anglais. On n’a rien à voir avec des Américains, en fait. Il y a une manière française de découvrir la musique, de la faire. Nous, on adore Kenny Rogers. Les Américains, eux, ne peuvent pas : ça leur est trop familier ! On voit tout comme à travers un prisme.
Avec iTunes et la dématérialisation, c’est le retour du single ? Vous pensez en singles ou en albums ?
C.M. et D.D-A. : On a toujours rêvé, conçu nos disques comme des vinyles. Des œuvres de 40 minutes avec face A/face B.
Vous signez tout en commun. Qui compose, en fait ?
C.M. et D.D-A. : Tous ... On part de petits éléments ou de mots qui sonnent bien. On est tous les quatre vraiment au même niveau, quatre dictateurs ! On joue, on parle ensemble de chaque titre pendant des heures, et on enregistre tout… sur un dictaphone parce que le son est magnifique !
Vous prétendez qu’on peut enregistrer un disque qui obtient un succès international sur un ordi à mille euros ?
C.M. et D.D-A. : Oui, bien sûr! Le mix, le mastering peuvent éventuellement être importants. Mais le secret n’est pas là ! Nous, on a commencé avec des petits quatre pistes, puis on a continué.
Le secret donc, c’est les quinze ans de travail derrière ! Vous sentez-vous encore affiliés à la French touch ? Comment avez-vous vécu le retour du rock ?
C.M. et D.D-A. : Il y a toujours eu un peu de tout dans nos albums. À chaque fois, on essaie de faire des albums très différents. Du rock, de la soul, des rythmiques hip-hop très compressées. En 2002, même si personne ne s’en rendait compte, on voulait groover comme D’Angelo ! Si demain le hard rock revient, pas de problème ! Il n’y a que le retour du reggae qui pourrait nous faire peur, et encore !
Internet qui changé votre vie ?
C.M. et D.D-A. : Le succès du dernier album, c’est grâce à la blogosphère. Cooperative a bien compris cela. Avant, trois personnes dans chaque pays décidaient de la carrière d’un groupe. Les règles ont changé, et c’est très bien ainsi.
Est-ce qu’un jour, vous chanterez en français ?
C.M. et D.D-A. : Mais on n’a rien contre ! C’est moins facile, plus exigeant. Si ça se fait un jour, tant mieux.
Et le soir même, pour prouver leurs dires, les Phoenix reprenaient La fille aux cheveux clairs1 de Johnny Hallyday à l’Olympia. Comme pour rappeler d’où ils venaient vraiment.
(1) Auteur : Philippe Labro – compositeur : Eddie Vartan – éditeurs : Méridian et Fantasia.


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