La Sacem à Cannes
Assemblée générale Sacem 2012
Magsacem n)84
Téléchargez votre catalogue en ligne
Vos feuillets sont en ligne - Sacem
Adhérez à la Sacem
Les oeuvres en ligne - Sacem

Hommage à Louis Bessières

Envoi par e-mail
fleche  Envoyer cette page à vos amis  fleche
Votre nom * fleche
E-mails de vos amis * fleche  Séparez les adresses e-mail par une virgule.
L'objet de votre e-mail * fleche
Votre message * fleche
Saisir les lettres inscrites *
dans le champs ci-contre
fleche  captcha
Ce champ est obligatoire.   send
Novembre 2011
C’est avec émotion et tristesse que nous avons appris la disparition de Louis Bessières, dont notre ami et confrère Claude Lemesle célébrait en juin dernier les 50 ans de sociétariat définitif à la Sacem, en présence de ses pairs, et dont le nom fut toujours prononcé en nos murs avec estime et sympathie. Certains créateurs forcent d’emblée le respect, même sans qu’on les connaisse, et il était de ceux-là. Une tristesse profonde et néanmoins sereine, car Louis Bessières n’était pas de ces hommes qui engendrent la mélancolie et ce ne serait pas rendre hommage à son caractère ni à sa carrière que de faire état ici de notre seul chagrin. Sa vie, qui faillit faire de lui un merveilleux centenaire, reste en effet une des plus belles aventures de ce livre des auteurs qu’il faudra bien un jour écrire, en lettres d’or, et dont il a rempli avec talent et succès quelques pages essentielles. En fallait-il, du tempérament, pour cosigner avec le grand Prévert l’hymne du Groupe Octobre, « Marche ou crève » ! Cela vous posait un sociétaire, sur un feuillet de répartition, et donne rétrospectivement matière à une sacrée pièce de collection.

Rappeler ici qu’il aimait les poètes, jusqu’à les mettre en musique, qu’il fit chanter Apollinaire à Yves Montand (« Saltimbanques »), Rimbaud, Villon, Prévert et Vian à Serge Reggiani (« Le dormeur du val », « La ballade des pendus », « Arthur, où t’as mis le corps ? »), qu’il illustra du Desnos, du Cocteau et même du Roger Vailland, ne serait rien si l’on n’ajoutait qu’il venait encore, à 98 ans, de déposer chez nous des musiques sur des vers d’Henri Michaux. Pareille vitalité créative n’est pas chose courante, et nous saurons en prendre soin, les garder en notre sein comme un testament artistique, vibrant encore de ses dernières nuits au piano, en attendant qu’un interprète aussi inspiré que lui s’en empare et nous ravisse. Notre société regorge ainsi de trésors à découvrir, de chefs d’œuvres à naître qui attendent leur heure et finissent parfois par la trouver, et les compter parmi nous donne à la Sacem un élan salutaire face à toutes les morsures du temps.

C’est pour ces notes secrètes, dont les titres mêmes font rêver (à son catalogue : « La valse du gangster », « Correspondance de Flaubert », « La fin de Fantômas », « Lettre à Van Gogh », « Ravissement de Scapin » etc.) autant que pour sa célèbre mélodie des « Loups sont entrés dans Paris », sur les paroles d’Albert Vidalie, que nous nous battons, grâce à ses partitions pour l’écran (Marc Allégret, Roger Pigaut, Paul Vecchiali, René Lucot, Georges Wilson, Michel Subiela, Claude Santelli) ou pour la chanson que nous vivons. Comment ne pas avoir envie d’écouter ces chansons cosignées avec Vian et intitulées « Cueillir le jour », « Les bienfaits de la pratique » ou « La complainte de Bonnot », conçues avec Jean Cocteau (« Voleur d’enfants », « L’eau des fontaines », « Je n’aime pas dormir », « Sur un pupitre noir d’écolier ») ou Prévert (« Enfant de la haute ville », « Hyde Park », « Sang et plume », « Ce n’est pas moi qui chante »), de réécouter ses œuvres écrites avec Claude Lemesle (« Boulevard du crime »), Henri Villerouge (« France ma belle »), André Cavaglione (« Ecoutez la tragique histoire ») ? Sans parler de ses nombreux morceaux avec Esther Prestia, qui n’ont pas fini de nous fasciner ou nous intriguer : « Tais-toi camarade », « Nous avions tort d’exister », « J’allais vers les ténèbres », et de ses B.O. du « Cerf volant du bout du monde », « Paris la belle « , « Les ruses du diable », du « Théâtre de la Jeunesse », du « Tribunal de l’impossible » et autres adaptations TV de Balzac et Georges Sand.
La vérité est que maints créateurs d’importance finissent par être méconnus à force d’être reconnus, lorsqu’un succès « historique » pèse par trop sur leur carrière, et que Louis Bessières n’était pas seulement « l’homme aux loups », mais aussi le collaborateur inspiré d’Eddy Marnay, Maurice Vidalin, Jean-Loup Dabadie, et bien d’autres. Et nous ne saurions citer ces titres sans faire ici, au passage, un signe du cœur à l’ami Reggiani qui, le premier et peut-être le dernier, osa un jour publier sur un de ses plus beaux albums l’intégralité des portraits de ses nombreux auteurs et compositeurs, de face et de profil ! Le geste était d’une rare élégance et, à défaut de faire école, il nous permit au moins de donner un visage à ses chansons, de connaître ces hommes de l’ombre qui donnaient eux-mêmes corps à nos rêves : nos sociétaires, dont il devint l’un des plus jeunes doyens.

Pour toutes ces raisons, ces œuvres qui fondent une vie d’auteur comme des photos racontent un destin, ces superbes tranches de vie musicales faisant le pont entre chanson réaliste et poésie, ces musiques de films revenues de nos premières mezzanines, pour son bel esprit et sa chaleur humaine, son inspiration à la mesure de sa discrétion, nous le garderons longtemps avec nous, à la meilleure place de notre chère Sacem. Il n’est pas un pas dans notre grande maison qui ne nous rappelle, à l’heure où le soir tombe sur la Seine, l’ombre familière des compagnons comme lui, éternellement penchés sur leur clavier à la recherche de la mélodie parfaite.
 
Retour en haut de page
BO des Talents Cannes 2012
Radio Cannes Soundtrack

Twitter
Ludovic Bource
Magsacem n°84

Consultez le dernier numéro du Magsacem

Magsacem n°84

Application smartphone

Application Smartphone disponible !

Retrouvez le catalogue des oeuvres de la Sacem sur votre smartphone

Téléchargez l'applicationsur App Store et Google play

Appli mobile