Hommage à DJ Mehdi
Septembre 2011
©DR
C’est avec surprise et émotion que nous avons appris la disparition de DJ Mehdi qui fut et restera l’un des acteurs incontournables de la scène électro française et internationale en même temps qu’une de ses figures les plus attachantes, et par là-même un de nos sociétaires majeurs de ces quinze dernières années. Un de ces visages de la « relève » que nous avions plaisir à voir et à écouter tant il était chaleureux, dynamique, inspiré : la passion faite homme. Sa perte, par définition injuste et prématurée, nous touche d’autant plus qu’elle laisse en suspens une des plus belles carrières contemporaines du genre, ce qui ajoute pour les professionnels à l’émotion de voir partir un homme si jeune, si prometteur, si heureusement représentatif de la mixité culturelle et du métissage artistique. Au moins nous laissera-t-il le souvenir d’un pur soleil, de nuit comme il se doit, d’une longue et chaude nuit d’été ininterrompue, ad lib, en cette rentrée morose où l’automne prend les devants, ou la vie nous pose tant de questions en nous volant soudain le meilleur de nous-mêmes, des garçons comme lui, sans raison.
Indissociable bien sûr du hip hop, puis de l’électro, en un mot de ce que l’on nomme les musiques urbaines, ce créateur précoce, émule de Prince, Madonna et Michaël Jackson, demeurera lié chez nous à plusieurs des artistes et groupes phares des années 90 et 2000 : MC Solaar, Akhenaton, Daft Punk, Les Sages Poètes de la Rue, Rohff, Booba, Kery James, le 113 (leur album commun « Les princes de la ville » remportera deux victoires en 2000), Ideal J, Justice, Cassius, autant dire le best of des musiques actuelles, du rap pur à l’électronique. Rien d’étonnant de la part d’un fan de Public Enemy, né lui-même d’un fan de musique, qui va passer peu à peu du rôle de producteur –on aurait envie d’écrire « producer » tant il est ici question de réalisation- à celui d’artiste « complet », signant dès 2002 son premier et superbe album solo : « (The story of) Espion », où le rap côtoie la soul, la house, le funk et même le jazz sur fond de violoncelle.
Une réussite totale qui propulse –superbe symbole- l’enfant d’Asnières-Gennevilliers aux racines tunisiennes au sommet de la French Touch, et en fait un des princes de la nuit parisienne, côté électro. La suite ressemble à un rêve, une comédie musicale new wave : il signe avec Ed Banger, formant même un duo avec Pedro Winter (« Lucky boy »), collabore avec Thomas Bangalter, Philippe Zdar, tourne le clip de son morceau « Signature » avec Romain Gavras, crée « Carte Blanche » (« Black bilionnaires ») en 2010 avec le DJ britannique Riton, et l’on sent bien que ce n’est là qu’un début, que son talent ne demande qu’à exploser davantage, s’enrichir au fil des rencontres. Il faut dire que sa patte, reconnaissable entre toutes par sa façon de placer les basses, de couper les samples, en fait un des maîtres des platines, un sorcier de studio, et bien sûr le roi du « Social Club », aujourd’hui en deuil, tout comme ses « frères » du Club 75.
Parti tôt, bien trop tôt comme ces musiciens qu’il aimait, les Lennon, Hendrix, Marvin Gaye, Curtis Mayfield ou John Coltrane, DJ Mehdi incarnait avec élégance et talent toute une génération –ô combien prolifique !- de « metteurs en sons » (pour reprendre sa propre définition) que la Sacem est fière d’accueillir depuis deux décennies et qui y font merveille, portant haut et loin la touche française à travers le monde sans rien avoir à envier aux plus grands. Nos Quincy Jones à nous, débordant de désirs et de trouvailles, de plaisir et de bonheur de jouer. Nous garderons le souvenir vivant, vibrant, et surtout souriant d’un éternel jeune homme qui n’était jamais plus heureux que lorsqu’il rendait les autres heureux, sur une piste ou un plateau, et qui n’est pas près de mourir dans nos cœurs, parce que le vrai talent ne s’éteint jamais, quand il est porté par tant d’auditeurs et de spectateurs à travers le temps.
Indissociable bien sûr du hip hop, puis de l’électro, en un mot de ce que l’on nomme les musiques urbaines, ce créateur précoce, émule de Prince, Madonna et Michaël Jackson, demeurera lié chez nous à plusieurs des artistes et groupes phares des années 90 et 2000 : MC Solaar, Akhenaton, Daft Punk, Les Sages Poètes de la Rue, Rohff, Booba, Kery James, le 113 (leur album commun « Les princes de la ville » remportera deux victoires en 2000), Ideal J, Justice, Cassius, autant dire le best of des musiques actuelles, du rap pur à l’électronique. Rien d’étonnant de la part d’un fan de Public Enemy, né lui-même d’un fan de musique, qui va passer peu à peu du rôle de producteur –on aurait envie d’écrire « producer » tant il est ici question de réalisation- à celui d’artiste « complet », signant dès 2002 son premier et superbe album solo : « (The story of) Espion », où le rap côtoie la soul, la house, le funk et même le jazz sur fond de violoncelle.
Une réussite totale qui propulse –superbe symbole- l’enfant d’Asnières-Gennevilliers aux racines tunisiennes au sommet de la French Touch, et en fait un des princes de la nuit parisienne, côté électro. La suite ressemble à un rêve, une comédie musicale new wave : il signe avec Ed Banger, formant même un duo avec Pedro Winter (« Lucky boy »), collabore avec Thomas Bangalter, Philippe Zdar, tourne le clip de son morceau « Signature » avec Romain Gavras, crée « Carte Blanche » (« Black bilionnaires ») en 2010 avec le DJ britannique Riton, et l’on sent bien que ce n’est là qu’un début, que son talent ne demande qu’à exploser davantage, s’enrichir au fil des rencontres. Il faut dire que sa patte, reconnaissable entre toutes par sa façon de placer les basses, de couper les samples, en fait un des maîtres des platines, un sorcier de studio, et bien sûr le roi du « Social Club », aujourd’hui en deuil, tout comme ses « frères » du Club 75.
Parti tôt, bien trop tôt comme ces musiciens qu’il aimait, les Lennon, Hendrix, Marvin Gaye, Curtis Mayfield ou John Coltrane, DJ Mehdi incarnait avec élégance et talent toute une génération –ô combien prolifique !- de « metteurs en sons » (pour reprendre sa propre définition) que la Sacem est fière d’accueillir depuis deux décennies et qui y font merveille, portant haut et loin la touche française à travers le monde sans rien avoir à envier aux plus grands. Nos Quincy Jones à nous, débordant de désirs et de trouvailles, de plaisir et de bonheur de jouer. Nous garderons le souvenir vivant, vibrant, et surtout souriant d’un éternel jeune homme qui n’était jamais plus heureux que lorsqu’il rendait les autres heureux, sur une piste ou un plateau, et qui n’est pas près de mourir dans nos cœurs, parce que le vrai talent ne s’éteint jamais, quand il est porté par tant d’auditeurs et de spectateurs à travers le temps.


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