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Hommage à Allain Leprest

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Août 2011
Allain Leprest au Grands Prix Sacem 2009
C’est avec une immense tristesse que nous rendons hommage à Allain Leprest que nous avions appris à lire et à entendre avec tendresse et admiration, et auquel nous avions décerné unanimement notre Grand Prix des Poètes en 2009.

Evoquer le nom de Leprest dans notre société revient à se poser l’éternelle question « Où finit la poésie et où commence la chanson ? », on serait tenté de répondre par une autre question : « Comment vivre de sa poésie aujourd’hui ? ». Et de conclure : « En chantant ! ». Si tant est qu’Euterpe nourrisse mieux ses enfants que Calliope, au temps de Google. Allain Leprest, lui, a choisi de vivre pour écrire, plus que l’inverse, et sait le poids des mots quand il faut les nourrir d’humanité.

Entre Ferré et Léotard, le « plus célèbre des artistes maudits », pour Libération, et « Rimbaud du XXème siècle » selon Jean d’Ormesson, maître du « ciné-mot » (cf. Claude Nougaro), est surtout un de ces « cœurs purs » chers à Caussimon, un écrivain de chansons reconnu, c'est-à-dire chanté par ses pairs.

C’est par un recueil de poèmes, « Tralahurlette », préfacé par Henri Tachan, qu’il entre dans la carrière en 1981, avant de se frotter aux cabarets de la Rive Gauche (Caveau de la Bolée, Chez Georges), 20 ans après la grande époque. Dès le début, ce normand, fils d’artisan menuisier et artisan des mots lui-même, sera décalé par rapport au « métier », et fera un plus de cette différence.

Dès 1983, il est chanté par d’autres, s’impose « à l’ancienne » : Juliette Gréco (« Le pull-over », écrit avec Jean Ferrat), Isabelle Aubret, Karim Kacel. Mais ce sont les Tremplins du Printemps de Bourges qui le révèlent, en 1985 : en une demi-heure, il sort de l’anonymat. Deux albums suivront, avec Romain Didier, chez l’ami Gérard Meys : « Mec » en 1986 (contenant « La retraite »), et « Ton cul est rond » en 1988, révélant un univers entre Duvivier et Doisneau qui fera merveille au Théâtre de la Ville. Le troisième, « Voce a mano », conçu avec Richard Galliano (Saravah 1992), lui vaut l’incontournable Grand Prix de l’Académie Charles Cros et lui ouvre les portes du Dejazet, du festival « Alors chante ! » et des Francofolies. Et surtout de l’Olympia, le 20 février 1995 (« Il pleut sur la mer »), dans la foulée d’un disque pour Francesca Solleville, « Al Dente », et d’un nouvel opus personnel.

L’album suivant, « Nu », composé par Kent, Jacques Higelin, Gilbert Laffaille, Philippe-Gérard et le fidèle Romain Didier, réalisé par Sylvain Lebel, sort trois ans après et s’accompagne d’un passage aux Francofolies - dont le créateur, Jean-Louis Foulquier, a enregistré en 1993 un album entier sur des textes d’Allain - et d’une semaine mémorable à l’Européen.

Allain Leprest au Grands Prix Sacem 2009
A mille lieues des modes et des playlists, Leprest vit l’écriture, ou écrit sa vie, en dents de scie comme il se doit. Et continue de travailler pour d’autres : Gréco, Aubret, Enzo Enzo, puis Jehan, Daniel Lavoie, Christophe Bonzon, et son « clavier » de toujours, Romain Didier, avec lequel il fera un spectacle musical pour enfants donné à l’Olympia et « récité » par Jean-Louis Trintignant, « Pantin Pantine ».

En 2004, après de multiples festivals, dont moult fêtes de l’Huma (il assume son engagement), il célèbre ses 25 ans de carrière à l’Européen, sortant dans la foulée un live, « Je viens vous voir », et un album studio, « Donne-moi de mes nouvelles », où l’on retrouve, outre l’indéfectible Romain, Olivia Ruiz et Philippe Torreton (Spectacle au Carré Sylvia Montfort). Suivront « Quand auront fondu les banquises » en 2008 et « Parol’ de manchot » cette année avec François Lemonnier. Enfin, suprême consécration, un cd-hommage - « Chez Leprest volume 1» - lui est consacré en 2007, par le producteur Didier Pascalis, avec la participation de Jacques Higelin, Michel Fugain, Nilda Fernandez, Olivia Ruiz, San Severino, Hervé Vilard, Jean Guidoni, Daniel Lavoie (Bataclan 2008). Le volume 2, chanté par Anne Sylvestre, Francesca Solleville, Olivia Ruiz, Clarika, Amélie-les-crayons, Adamo, Kent, Alexis HK, Gilbert Laffaille, Jean-Louis Foulquier et bien d’autres, était paru récemment.
A la hauteur de cet auteur hors-pair, « Grand Prix in honorem de l’Académie Charles Cros, lui est décerné en 2009, pour l’ensemble de son œuvre ».

Allain Leprest, était pour beaucoup de ses confrères auteurs, et non des moindres, le plus grand poète français vivant.
Nul doute que cet immense auteur, ne laisse une trace, dont certains ne mesurent pas encore l’importance et l’ampleur !

Discographie sélective

« Mec » (Disques Gérard Meys-1986)
« Ton cul est rond » (1988/id)
« Voce a mano » (Saravah-1992)
« Il pleut sur la mer » (Olympia 95/Night and day)
« Nu » (1998/id)
« Donne-moi de mes nouvelles » (TACET/2005)
« Chez Leprest (Ils chantent Allain Leprest-volume 1) » (Tacet/2007-volume 2 / 2009)
« Quand auront fondu les banquises » (Tacet-2008)
« Parol’ de Manchot » (Leprest-Lemonnier-Tacet 2009)


Contact Presse/Elisabeth Anselin – 01 47 15 45 32 / elisabeth.anselin@sacem.fr

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