Hommage à Martial Ayela
Février 2011
C’est avec émotion et tristesse que nous avons appris la disparition de Martial Ayela, émotion d’autant plus grande qu’elle suit celle de son confrère et ami Jacques Demarny, avec qui nous évoquions souvent leurs carrières communes auprès d’Enrico Macias, et que, comme eût dit Brassens, leur « trou dans l’eau mettra longtemps à se refermer », pour tous leurs fidèles. A jamais, il resteront unis dans nos mémoires par deux des plus beaux titres du chanteur, « Non, je n’ai pas oublié » et « Les millionnaires du dimanche », parmi bien d’autres.
Qui dit Martial Ayela dit en effet Algérie, musique, amitié : chaleur humaine. L’Algérie de l’Aletti, à son âge d’or, où il s’impose comme guitariste dans l’orchestre d’André Farrugia sur la scène du célèbre hôtel, puis du « Tantonville », où il joue avec le grand Georges Barbotteu, mais aussi du Coq d’or à Oran, ainsi que les nuits de « Casa », où il se fait les cordes et la voix : toute une époque. Le temps où les artistes de « là-bas » rêvaient de traverser la Méditerranée pour réussir sur le continent, en métropole, où l’on faisait ses armes au pays avant de marcher sur les traces d’Albert Camus, Pierre Blanchar ou Jacques Bedos, selon ses aspirations, des maréchaux Juin ou Franchet d’Espérey si l’on avait des rêves épiques. Sans prétendre à un tel destin, c’est pourtant sous l’uniforme –Campagne d’Italie, d’Allemagne, Libération- que Martial découvrit la mère patrie, qu’il défendit avec courage puisqu’il en rapporta une croix de guerre et une citation, avant de poursuivre sa voie, qui tint toujours en un mot et trois syllabes : "musique", incarnée chez lui par une guitare devenue sa seconde compagne, sa muse.
Nommé Chef d’Orchestre des Variétés à Radio France, il fait danser durant des années l’Oranie, l’Algérois, le Constantinois, autant dire tout le pays, fait rêver et tanguer des nuits entières un peuple pourtant au bord du gouffre, devenant un mélange de Duke Ellington et Xavier Cugat local dont le nom restera pour beaucoup synonyme d’âge heureux, de premier amour et de promesse de vie, quand le temps semble s’arrêter à force de tourner sur les pistes et que la lune vous éclaire au diapason, mieux que toutes les poursuites, dans un parfum de jasmin et de bougainvillées. Ne créera-t-il pas même un ballet à l’Opéra d’Alger "aux chansons d'or", avant de quitter comme beaucoup d’autres sa « ville blanche » ?
Qui dit Martial Ayela dit en effet Algérie, musique, amitié : chaleur humaine. L’Algérie de l’Aletti, à son âge d’or, où il s’impose comme guitariste dans l’orchestre d’André Farrugia sur la scène du célèbre hôtel, puis du « Tantonville », où il joue avec le grand Georges Barbotteu, mais aussi du Coq d’or à Oran, ainsi que les nuits de « Casa », où il se fait les cordes et la voix : toute une époque. Le temps où les artistes de « là-bas » rêvaient de traverser la Méditerranée pour réussir sur le continent, en métropole, où l’on faisait ses armes au pays avant de marcher sur les traces d’Albert Camus, Pierre Blanchar ou Jacques Bedos, selon ses aspirations, des maréchaux Juin ou Franchet d’Espérey si l’on avait des rêves épiques. Sans prétendre à un tel destin, c’est pourtant sous l’uniforme –Campagne d’Italie, d’Allemagne, Libération- que Martial découvrit la mère patrie, qu’il défendit avec courage puisqu’il en rapporta une croix de guerre et une citation, avant de poursuivre sa voie, qui tint toujours en un mot et trois syllabes : "musique", incarnée chez lui par une guitare devenue sa seconde compagne, sa muse.
Nommé Chef d’Orchestre des Variétés à Radio France, il fait danser durant des années l’Oranie, l’Algérois, le Constantinois, autant dire tout le pays, fait rêver et tanguer des nuits entières un peuple pourtant au bord du gouffre, devenant un mélange de Duke Ellington et Xavier Cugat local dont le nom restera pour beaucoup synonyme d’âge heureux, de premier amour et de promesse de vie, quand le temps semble s’arrêter à force de tourner sur les pistes et que la lune vous éclaire au diapason, mieux que toutes les poursuites, dans un parfum de jasmin et de bougainvillées. Ne créera-t-il pas même un ballet à l’Opéra d’Alger "aux chansons d'or", avant de quitter comme beaucoup d’autres sa « ville blanche » ?


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