Grand Prix de la musique pour l'audiovisuel - Maurice Jarre
En matière de musique de film, il y a deux écoles, tout aussi respectables l’une que l’autre : la manière insidieuse, qui épouse le film, se fond et se confond aux images, en créant des climats, et la "hussarde", parfois plus portée à la mélodie, qui emporte le film dans son sillon et le dépasse parfois. Les musiques qui se regardent et celles qui s’écoutent. Maîtriser l’une ou l’autre est déjà bien rare. Avoir toutes les deux est carrément exceptionnel, et Maurice Jarre les a, comme un compositeur de chansons qui serait à la fois mélodiste, arrangeur et interprète : une star.
Au point que, s’il a toute sa (seconde) vie travaillé pour l’image, on en finit aussi par se demander si l’image n’a pas aussi travaillé pour lui, si certains cinéastes n’ont pas filmé en pensant à lui, un peu comme le faisait Sergio Leone avec son ami Morricone, que Maurice a tout récemment décoré. C’est qu’à sa manière, notre homme est aussi impressionnant qu’un "director" hollywoodien lorsqu’il dirige ses troupes, mi-Karajan, mi-Cecil B. de Mille, et l’on ne doute pas que cet homme qui aurait pu - physiquement - être acteur et côtoya les plus grands, de Gérard Philipe à Gregory Peck, de Munch à Boulez, de Visconti à Hitchcock, ait fasciné les metteurs en scène. Car il est aussi et d’abord un personnage, pétri de charme, d’humour et de ténacité, et que sa vie tient d’un roman, évidemment à succès.
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