Grand Prix de l'humour - Franck Dubosc
De Devos à de Funès, Fernand Raynaud, Zouc, Les Vamps, Jim Carrey, Jerry Lewis ou Michel Leeb, les comiques ont souvent joué sur leur physique, en le déformant, le déguisant, le détruisant presque : de Funès tirant sur son nez, Raynaud soufflant sur sa bougie, Devos jonglant avec ses boules. Mais personne n’avait à ce jour joué la carte de la séduction pure, ou de ce que l’on pourrait appeler le syndrome de la… "belle gueule". C’est chose faite avec Franck Dubosc, qui, avec son comparse Stéphane Rousseau, et dans un autre domaine Gad Elmaleh, a introduit un type d’humoriste aux… yeux bleus, sourire craquant, regard enjôleur, inventé une sorte de Monsieur Loyal du rire. Bien sûr, il y avait eu avant des séducteurs, des Poiret, Lamoureux, Lhermitte ou plus récemment Laurent Gerra, qui n’eurent pas détonné en jeunes premiers. Mais aucun qui ait à ce point marié les genres, le numéro de charme et la charge d’autodérision, conjugué aussi finement premier et second degrés. À sa manière, Dubosc est un précurseur. Un acteur qui est "entré en humour" en écrivant pour un autre grand, son ami Elie Semoun, et qu’en toute logique, le grand écran vient de reconnaître après le petit.
Amuser le public en racontant sa vie, aux Etats-Unis, cela s’appelle faire un stand up. Son Amérique a lui, Franck Dubosc se la fabrique sur un cube en bois d’un mètre carré, au fond du Café du Trésor dans le Marais. Très vite, le cube en bois devient une scène quand Mouss Diouf lui propose de jouer dans son restaurant, Le Réservoir, deux soirs par mois. Les spectacles s’enchaînent au rythme d’un nouveau texte tous les quinze jours, le public suit en masse... Si bien que Le Réservoir devient alors trop petit. Rendez-vous est donc pris au Théâtre de Dix Heures, puis renouvelé au Splendid en 1999 après son passage au Festival "Juste pour rire" de Montréal où il sera élu "Révélation de l’année". En 2000, il entame une tournée française et, à l’automne, il reprend son spectacle à la Comédie de Paris. Il enchaîne ensuite à la Comédie Caumartin où il triomphe pendant six mois.
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