La Sacem à Cannes
Assemblée générale Sacem 2012
Magsacem n)84
Téléchargez votre catalogue en ligne
Vos feuillets sont en ligne - Sacem
Adhérez à la Sacem
Les oeuvres en ligne - Sacem

Les petites histoires des Grands Prix Sacem 2011

Envoi par e-mail
fleche  Envoyer cette page à vos amis  fleche
Votre nom * fleche
E-mails de vos amis * fleche  Séparez les adresses e-mail par une virgule.
L'objet de votre e-mail * fleche
Votre message * fleche
Saisir les lettres inscrites *
dans le champs ci-contre
fleche  captcha
Ce champ est obligatoire.   send

Ça balance pas mal

materiel
Casino de Paris, 13h. Pas encore de signe distinctif de la Sacem à l’arrivée. Le velours rouge de la belle salle de concert est toujours là, mais pas encore la soirée. Au loin, le son interpelle : une batterie qui sonne, une basse qui bastonne, direction la scène. A l’heure du déjeuner, l’ambiance n’est pas encore celle de la fourmilière qui va monter en puissance. Mais déjà, Kévin, le producteur de la soirée et Luigi ont l’œil sur tout.

13h14. « Fais tourner un peu »… Sur scène, Jean-Philippe Fanfan, le batteur d’Hubert-Félix Thiéfaine lance la machine. A peine deux trois tourneries, et le chanteur arrive.
« Sous un brouillard… » La voix incomparable d’Hubert résonne, et donne le départ des répétitions, des balances, le moment hors-show où tout est préparé. « Je t’aime et je t’attends ». Hubert chante, tout le monde s’affaire autour comme si le chanteur existait à peine. Mais pour que la parure sonore lui aille. Humble vieux briscard, « HFT » s’enquiert de l’avis de ses musiciens : « je fais la guitare là ou pas ?... Bon allez, on recommence avec le bon tempo… et la bonne voix ! » s’amuse-t-il.

Souad Massi, parfaitement à l’heure, se glisse ensuite tout en discrétion en devant de scène et, seule avec sa guitare, permet ses réglages en quelques secondes. Le temps d’une photo sur les flightcases avec Marc, photographe de la Sacem et déjà, la scène ne se ressemble plus, ses instruments tous déplacés : « On gare les batteries en biais, les gars » assène Luigi, en aiguilleur des lieux ! Car il faut y retrouver ses petits. Dans le grand couloir qui mène à la loge, Pierre Carrega, responsable technique du Casino, déplace les dizaines de flightcases de la soirée : « Un éléphant dans un jeu de quilles, je vous dis... Tous les jours, je joue au Tétris ! »

affiches
Après chaque balance d’artiste, Jérôme, de la régie backline, redessine le plan de scène. Au tour d’Emilie Simon qui vient d’arriver avec son ordinateur et son mini clavier. Mais… le batteur doit changer de place. Un grain de sable qui bouleverse toute la plage ! Les plans changent en permanence pour que tout s’agence au millimètre durant la cérémonie.

14h19. La musique n’est plus seule reine. L’image vient s’installer. L’équipe télé débarque. Encore des câbles en plus, qu’il ne faut pas mélanger. Oeil de lynx et gouaille incontournable, Pierre du Casino, veille au moindre incident possible. Et pendant que les caméramen s’installent, en loge on relit le conducteur. « Générique début, et puis Ariel Wizman -le présentateur de la soirée- entre en scène… ».

15h00. Pendant que l’équipe de la Sacem s’affaire à vérifier tous les cartons des invités qui déferlent dans 4 heures, le Casino s’habille des panneaux Sacem alors que Renan Luce et Benoit Dorémus, en copains de tournée, arrivent discrètement… mais sans Alexis HK, troisième larron de scène. Rien d’inquiétant pour Renan et Benoit, qui branchent leurs guitares tranquillement en attendant leur comparse. Benoit s’amuse en jouant le lover d’une reprise très inspirée de Tracy Chapman : « I love you… words don’t come easily ».

15h33. Frédéric Jérôme, le directeur du casino, vient sentir l’ambiance de cette soirée particulière dans son lieu. Grand mariage de l’année, la Sacem doit aussi placer ses invités. Incontournable casse-tête ! Les petits papiers blancs parsèment le parterre rouge comme des flocons. Et comme pour les mariages, le traiteur fait son entrée, il est 16h. Des dizaines de serveurs, mais plus de verres encore. « 62, 63, 64… » compte le responsable du buffet. 64 racks de 25 verres, ce qui fait environ 1500 ! Et pourtant il semble manquer 4 racks par rapport aux prévisions… Angoisse éphémère puisque rien ne manquera à la fête !

Accordage crescendo

H-3 maintenant, la scène est désormais envahie comme les tables par les verres du traiteur.
La pression monte petit à petit, sans que les esprits s’échauffent pour autant. La musique adoucit… Et le mélange des genres surprend toujours. Le quator classique de Guillaume Connesson peaufine ses réglages, et d’un coup, la fourmilière se fige. Eric Serra et ses musiciens écoutent religieusement. Les backliners s’immobilisent. Le choc des genres sur la scène, d’un rack d’effet de guitare aux archets virevoltant des cordes, c’est exactement la raison d’être de la Sacem. Sébastien Cortella, clavier d’Eric Serra, affiche son sourire d’admirateur averti. Dernière note, le quatuor est applaudi. Rien n’est mécanique, rien n’est banal, tout peut arriver… ! Une seule oreille ne s’est pas laissée emporter par le lyrisme, celle de Guillaume Connesson. D’un calme olympien, il glisse : « La séquence de pizz (comprenez pizzicati) a ralenti, en fait… ». Mais il paraît satisfait.
caméra
16h30. Les caméras ont fait leur entrée sur scène, mais la régie vidéo est prise de panique : « Le flux ne monte pas ». La cérémonie doit être retransmise en direct sur internet. « Il y a un souci de serveur sûrement » annonce-t-on à la chargée de production. Sueurs froides, la tension monte.

17h17. L’équipe de Julien Banes investit les loges pendant qu’Eric Serra emmène le Casino ailleurs. Baguettes à l’envers le batteur « envoie », les « pratos » tremblent ! Plaisir sur scène, assurément. Dernier coup de tom, Eric, satisfait, sourit, l’étincelle de la musique aux lèvres. Et pourtant, il faut déjà enchaîner. « Allez, Aubert maintenant » lance Luigi qui doit tenir son timing pour que tout le monde ait le temps de répéter. Tranquille, comme à son habitude, Aubert répète son titre. « Maintenant, je reviens, reviens à la sacem » chante-t-il en détournant sa chanson, toujours paisible... Et puis Jean-Louis s’en va rêvasser dans les fauteuils rouges pour suivre la suite des répétitions.

salle
18h35. Ça n’est pas un musicien qui observe curieux le manège des balances, mais Nicolas Canteloup, qui en profite pour scruter les cartons des invités positionnés sur les fauteuils, à l’affût d’une inspiration supplémentaire de dernière minute.
Sur scène, changement de micro, les backliners reste aux aguets. Après un essai de voix, Canteloup répète son sketch avec tous les gestes, mais sans décrocher un mot. L’imitateur se fait muet le temps de sa répétition ! Face à lui, Eric Serra s’amuse également à faire le tour des sièges de velours pour connaître le nom de tous les invités de marque. Alain Chamfort, Line Renaud…
A jardin, Murray Head admire le piano noir… « L’avantage d’un Steinway, c’est que son cadre est en une seule pièce ». Dans la régie vidéo, légère électricité : « Marc, t’es à la caméra 1. J’ai besoin que tu fasses le point, vite… ». Petit à petit, tous les acteurs de la soirée arrivent, les places deviennent chères et les couloirs des loges rétrécissent.

« Personne ne se relâche » ! Dans le hall du casino, le brief aux hôtesses d’accueil a commencé. Et c’est Olivia de la Sacem qui poursuit le déroulé de l’arrivée des invités qui s’annonce délicate. Au fil des années, les grands prix sont devenus une soirée incontournable. Et le monde de la musique s’y bouscule. « Pour les invités presse, c’est Elizabeth et son équipe, les invitations sont nominatives… » Pas un détail omis. Comme sur la mezzanine, où l’on s’affaire pour finir d’installer le cocktail de l’after. En coulisse, une maquilleuse se perd dans les dédales de la salle mythique. Alors qu’Ariel Wizman arrive, enthousiaste : « Ca va être bien, génial même… ». D’autant que le problème de serveur est totalement résolu, l’émission sera parfaitement diffusée. A moins de trois quart d’heures de l’ouverture des portes, la petite voix de Yael Naim, rebondit sur sa guitare sèche, et résonne doucement dans le Casino.

Et c'est parti pour le show

19h30. La scène s’est vidée, les loges apaisées. Calme avant la tempête côté show, mais la tempête a changé de littoral. C’est l’équipe d’accueil qui est au feu. Les portes viennent d’ouvrir et les entrées s’organisent avec parfois un peu d’affolement. En coulisses, deux backliners se sont posés pour faire un dernier point avant la cérémonie : « Faut qu’on croise les déplacements sinon, on ne va pas s’y retrouver… ». Dernier réglage aussi pour Anaïs, qui s’occupe des invités pendant la cérémonie : « Après le dernier live, tu fais revenir tous les artistes pour la photo finale » lui précise Luigi.

19h47. Le hall est plein. Eric Serra vient accueillir sa famille. Pendant que Line Renaud habituée depuis toujours au velours de cette salle arrive depuis les coulisses, en compagnie de Frédéric Jérome, en se remémorant quelques anecdotes vécues dans son cher Casino. Au deuxième étage, dans les loges feutrées, Jean-Louis Aubert discute avec David Donatien, pendant qu’Emilie Simon peaufine sa coiffure en riant.

régie
20h17. La salle se remplit rapidement. Les cadreurs se positionnent, révélant un proche « top départ ». D’ailleurs, la sonnerie du Casino retenti, dans le hall qui s’émeut d’une légère effervescence, sur le passage de Frédéric Mitterrand, le ministre de la culture. A 2 minutes de l’ouverture de la cérémonie, Ariel Wizman est prêt à bondir. La famille d’Eric Serra traverse les loges pour aller s’installer. « Allez, on y va ». David Donatien encourage Yael Naim. Dernier regard dans la glace pour la jolie chanteuse qui ouvre le bal. Top Rideau, Ariel jette un dernier coup d’œil à son conducteur pendant le générique. Et c’est parti pour le show !

En retrait discret, Valérie, la chargée éditoriale, reste attentive aux textes d’Ariel. Elle coupera des paragraphes quand il faudra gagner du temps. Tout est minutieusement orchestré ! Soudain, comme un ange, funambule des câbles qui jonchent le sol, Jacques Higelin traverse les loges en habitué des beaux moments de la Sacem. Sérieux constraste avec les discours officiels et nécessaires. Et, d’une apnée passagère, tout le monde attend la première note de musique pour « être dedans ». Le ministre accompagné par Laurent Petitgirard évoque la loi sur la copie privée qu’il va présenter dans quelques jours, et rassure l’audience de sa défense des auteurs. En quittant la scène, le ministre complimente Yael Naim pour sa beauté, avant de gagner le bar des artistes pour glisser quelques mots à Renan Luce.

A jardin, l’équipe de Julien Banes se prépare : Murray Head en profite discrètement pour revoir les paroles de sa chanson. A quelques mètres de là, à côté des flightcases qui se sont entassées, les cuistots du traiteur continuent de peaufiner leurs petits fours. Et sur scène, la cérémonie bat son plein. Un tonitruant « Ca se passe ? » vient percer la relative sérénité des coulisses : Wizman se donne de l’énergie entre chaque intervention sur scène. Alors que Nicolas Canteloup, venu en backstage l’interpelle pour caler leur apparition commune. « Tu me poses des questions, pendant 30 secondes et ensuite, je fais mon sketch, c’est ça ? ». Ariel acquiesce, mais il a déjà dû bondir sur scène. « Le prix spécial, coup de cœur de la Sacem »… C’est donc Jean-Louis Aubert cette année. « Les artistes ont l’air que les autistes n’ont pas » glisse, volatile, l’ex-chanteur de Téléphone. La discussion s’allonge et le conducteur de l’émission aussi. « Il faut qu’il réduise son texte » trépigne la responsable éditoriale. Aubert démarre avec quelques minutes de retard, mais les délais sont tenus !

Renan Luce et Benoit Dorémus débarquent avec vingt minutes d’avance à l’entrée de scène. Ils veulent sentir l’ambiance et surtout préfèrent « être là que tous seuls dans leur loge ». Renan entre sur scène, discrètement pour regarder le film en hommage à l’œuvre d’Eric Serra, alors que son complice de tournée, Benoit Dorémus, fait des « ki ki ki » de dauphin en souvenir de la musique du Grand bleu du célèbre compositeur… Sans le savoir, Eric Serra lui répondra à la fin de son passage scénique en faisant sortir des chants des célèbres baleines de son smartphone !

Sur le fil

21h46, une heure de show passée, les backliners, en sueur, sortent des instruments de scène après chaque live. Une caisse claire, une guitare… Gérard Pont, le producteur, vient humer l’air des coulisses et encourager ses équipes. « C’est bien, il n’y a pas de temps morts ».
Quand un vent de panique souffle tout à coup dans les couloirs. L’ordinateur d’Emilie Simon a été débranché. « Si pas de séquence, pas de chanson » s’inquiète son bras droit. Le fichier de sa prestation semble introuvable dans son ordinateur. Dans son micro, Luigi lance un SOS à la régie : « On a un problème technique, on va peut être devoir inverser deux séquences ». Tout le monde reste serein, mais sur le pied de guerre. Par sécurité, on invite Souad Massi à rejoindre plus vite que prévu les coulisses. Un coup de make-up, elle se prépare au cas où elle doive finalement passer avant Emilie Simon. Souad, un peu traqueuse, reste tranquille et douce. « J’ai un petit peu peur » ose-t-elle. Elle se rassure en se glissant dans un recoin, une guitare à la main, pour répéter une dernière fois son titre.

Pourtant, la panique ne faiblit pas autour d’elle. « Il faut aller chercher Emilie dans la salle ». Les musiciens classiques qui viennent de sortir de scène font tout ce qu’ils peuvent pour récupérer leurs partitions alors que Canteloup officie encore sur scène. Mais priorité à la belle Emilie, qui pendant le film qui rend hommage au réalisateur Yann Robin, se glisse sur scène et fouille dans son ordinateur pour retrouver… le fichier égaré !

En un clin d’œil, le calme revient, et les sourires se redessinent sur les visages. « C’est bien, ça remet un coup de « boost », ironise-t-elle. Un peu de panique, ça ne fait pas de mal… » Rire général… de soulagement ! L’harmonie tient parfois à un fil… Alors Luigi demande à Souad Massi de rejoindre finalement sa place dans la salle pour venir chercher son prix depuis le public. « J’ai le rôle principal c’est ça ? » sourit gentiment Souad. 22h30, Emilie Simon remercie la Sacem tout en poème… et peut jouer son nouveau titre que l’on a failli ne pas entendre. Pour l’écouter, Yael Naim s’est glissée dans la régie vidéo, derrière le réalisateur de la captation.

La cérémonie n’a pas dit sa dernière note. Dans la salle, Nicolas Canteloup s’est installé dans une travée du Casino pour relire ses textes du lendemain. Pas une minute à perdre pour l’humoriste très occupé. Souad chante et enchante. Et déjà en coulisse, Anaïs commence à rapatrier tous les artistes pour ce qui restera le palmarès 2011. Car le rideau tombera dans quelques minutes. Comme la pression, qui s’estompe petit à petit en loge. Au bar, Emilie rit en répondant à une interview, même si sur scène les backliners courent encore, car l’ampli du guitariste d’Hubert Félix Thiefaine n’est pas le sien ! Cela n’empêche pas le dernier coup de tom du batteur Jean-Philippe Fanfan. Ariel clôt la cérémonie, et tous les lauréats reviennent sur scène.

photo finale

Derrière le rideau

23h02. Le rideau rouge retombé, Emilie Simon échange quelques mots avec Nicolas Canteloup. Dans le bar, Thiéfaine parle déjà d’un projet à un autre musicien, ou la Sacem vecteur de rencontres artistiques à toute occasion. Rapidement, les backliners démontent la scène et range les kilomètres de câbles. On a rouvert le rideau rouge sur une salle vide. Et c’est le cocktail de l’entrée du casino qui devient scène centrale. Boissons et petits fours, toutes les équipes se mélangent et se détendent.
Minuit et quart, le cocktail se termine doucement alors que le piano à queue du casino résonne des doigts d’un passionné enjoué, même à cette heure tardive.

La soirée des Grands Prix Sacem 2011, ne pouvait finir autrement que sur « trois petites notes de musiques… »

Mathias Goudeau
 

Retour en haut de page
BO des Talents Cannes 2012
Radio Cannes Soundtrack

Twitter
Ludovic Bource
Magsacem n°84

Consultez le dernier numéro du Magsacem

Magsacem n°84

Application smartphone

Application Smartphone disponible !

Retrouvez le catalogue des oeuvres de la Sacem sur votre smartphone

Téléchargez l'applicationsur App Store et Google play

Appli mobile