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Les Grands Prix 2010

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Décernés chaque année, les Grands Prix Sacem récompensent des auteurs, compositeurs et éditeurs, membres de la Sacem.
La cérémonie s'est déroulée le 29 novembre au théâtre Marigny.

A ne pas manquer : le live !

Retrouvez en live les artistes sur France 4, le 27 décembre prochain à 23h35.

Les lauréats

Laureats Grands Prix Sacem 2010
  • Prix Rolf Marbot de la chanson de l’année : « La Superbe » de Benjamin Biolay
  • Grand Prix de l’auteur-réalisateur de l’audiovisuel : Françoise Boulain
  • Grand Prix de la chanson française : Christophe
  • Grand Prix de la musique symphonique (Prix de carrière) : Marc-André Dalbavie
  • Prix Francis Lemarque saluant un jeune créateur : Benoît Dorémus
  • Grand Prix de l’édition musicale : Première Music Group avec Claude Duvivier
  • Grand Prix de l’humour : Florence Foresti
  • Grand Prix du répertoire SACEM à l’export : Gotan Project
  • Grand Prix des musiques électroniques : Jean-Michel Jarre
  • Grand Prix des musiques du monde : Angélique Kidjo
  • Grand Prix du jazz : Sylvain Luc
  • Grand Prix de la musique pour l’image : Jean-Claude Petit
  • Prix Spécial de la SACEM : Gaëtan Roussel
  • Grand Prix de la musique symphonique (Prix jeune compositeur) : Oscar Strasnoy

 

Photos : Bernard Brun / Marc Chesneau

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Grands Prix Sacem

Des ambassadeurs à Marigny : 160 ans d'émotions

Pour fêter ses 160 ans, en même temps que ses Grands Prix 2010, la Sacem se devait de revenir aux sources : à deux pas de ce Café des Ambassadeurs où elle naquit un certain jour de l’avant-dernier siècle et qui est devenu aujourd’hui… l’Espace Cardin ! En y regardant de près, on pourrait presque y deviner les fantômes des trois pionniers, Ernest Bourget, Paul Henrion et Victor Parizot, qui les premiers osèrent un jour de mars 1847 arguer de leur droit à ne pas régler leurs consommations, puisqu’on ne les rémunérait pas pour la diffusion de leurs œuvres, distrayant et attirant pourtant la clientèle.
pour lire la suite     
Trois ans plus tard, en 1850, naissait un syndicat d’auteurs réunissant 221 membres, qui devint société d’auteurs l’année suivante et compte aujourd’hui 132 000 sociétaires, l’équivalent de Brest, Grenoble ou Besançon. Imaginez un instant une ville d’auteurs, où tout serait musiques, sketches, poèmes et comédies musicales, chaque rue un décor, chaque maison une scène, chaque passant un artiste comme dans un film de Minnelli, à moins que chaque habitant n’incarne une œuvre comme dans un très beau Truffaut. À sa façon, la Sacem est une ville, disséminée aux quatre coins du monde, bien évidemment en fête malgré les intempéries, la marche des saisons et la valse des générations. Une cité de la musique, âgée d’un siècle et demi, dont le moteur serait les émotions, les "joies et les peines" chères à la chanson, et la spécialité le rêve, la distraction, les petits bonheurs qui rendent nos vies vivables en les mettant en refrains.

En 160 ans, comme dirait l’ami Raphaël, le monde change, et fait souvent table rase des sentiments, des visages et des voix. Il passe et nourrit livres, films et musiques. Mais nous sommes toujours là, descendants des Ambassadeurs, ambassadeurs nous-mêmes de nos pairs, solidaires et réunis pour fêter comme il se doit les héritiers de Bourget, Henrion et Parizot, qui s’appellent cette année Florence Foresti, Christophe, Gaëtan Roussel, Sylvain Luc, Marc-André Dalbavie, Benjamin Biolay, Françoise Boulain, Angélique Kidjo, Jean-Michel Jarre, Jean-Claude Petit, Oscar Strasnoy, Claude Duvivier, Benoît Dorémus et Gotan Project… Un portrait éclectique et fidèle de la création actuelle, où le romantisme côtoie l’humour, la world croise l’électro, la techno flirte avec le jazz et la "contemporaine", où les aînés adoubent les espoirs, dans une même passion des idées et des mots, car le combat de 1847 continue toujours, la Sacem renaît à chaque oeuvre.

Puisque des Ambassadeurs à Marigny, 160 ans nous contemplent et quelques centaines de mètres à peine nous séparent, savourons le bonheur d’être encore là, après un tel périple, et levons ce soir nos verres en l’honneur des auteurs, de cette "cité rêvée de la musique" sans laquelle toutes nos villes, nos vies et nos platines seraient décidément grises, tristes et muettes, sans laquelle nous n’aurions rien à quoi attacher nos souvenirs.

En ces temps qui bougent et nous remuent parfois, vivent les saltimbanques et que le spectacle commence !

Tableau d'auteurs : des prix pas comme les autres

Recevoir un prix Sacem n’est peut-être pas rentrer dans l’Histoire avec un grand H, mais dans "une" histoire, qui remonte à 80 ans environ, compte une incroyable galerie de personnages - le plus beau plateau dont on puisse rêver - et prend parfois des allures de roman à clefs : qui l’a eu, qui l’a raté, qui l’a eu deux fois, avec quel titre, qui y a croisé qui, et qu’en ont-il dit ? C’est entrer dans une photo de famille à en faire pâlir celle de SLC, le portrait de groupe de la musique française des années 30 (époque où l’on trouve trace de nos premiers prix) à nos jours.
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Ainsi nos lauréats 2010 seront-ils surpris d’apprendre qu’ils s’inscrivent dans la lignée de Paul Fort, Gaston Gabaroche, Georgius, Henri Kubnick, Jean Lenoir, Léo Lelièvre, Henri Poupon, Charles Pothier, Louiguy, Saint-Granier, Jean Nohain, Xanrof, Montehus, dont les noms, convenons-en, parlent moins que leurs œuvres au profane et même au professionnel, a fortiori jeune. Disons-leur alors, pour traduire, que les sociétaires primés en 2010 prennent quelque part le relais des "Roses blanches" (Pothier/Raiter), de "Parlez-moi d’amour" (Lenoir), "La vie en rose" (Piaf-Louiguy), "Le fiacre" (Xanrof), "La biaiseuse" (Léo Lelièvre), le… "Jeu des 1000 francs" (Henri Kubnick), "La plus bath des Javas" (Georgius-Trémolo), "Les petits pavés" (Delmet), "Mon homme" (Maurice Yvain-Albert Willemetz/Jacques-Charles), "Ce petit chemin" (Mireille-Jean Nohain), "Le petit cheval" (Paul Fort, mis en musique par Brassens), "Ramona" (Saint-Granier), "La butte rouge" (Montehus), et souhaitons-leur une aussi belle longévité, d’autant plus que certains devinrent même centenaires !

Derrière chaque nom, ou plutôt devant chaque nom d’auteur et l’occultant presque, on trouve en effet des œuvres, parfois des standards, et si écrire par exemple que Géo Koger obtint ses prix Sacem en 1950 et 1962 ne "parle" pas forcément à tout le monde, ajouter qu’il était l’auteur de "J’ai deux amours", "Je ne suis pas bien portant", "Marinella", "Tchi Tchi", "Prosper", "La java bleue", "Pigalle" et qu’il a travaillé avec Vincent Scotto est autrement éloquent. Etrange métier qui cachait autrefois les musiciens derrière un voile de tulle et annonçait à haute voix les auteurs et compositeurs avant chaque titre, comme on présente sa famille en arrivant un soir chez des amis : "De Marguerite Monnot et Raymond Asso, Mon légionnaire !", lâchait Piaf au garde-à-vous, sous l’œil anxieux de Bruno Coquatrix triturant en coulisses son rideau rouge. La même émotion, peut-être, que celle qui traversa la salle de la rue des Capucines à l’entrée en scène de Bashung, guitare en bandoulière et chapeau en tête, pour sa tournée d’adieu en juin 2008, conclue par son prix Sacem de décembre. "De Francis Lemarque, Quand un soldat !" répondait Montand, loin de se douter que son auteur, lauréat 1986, donnerait un jour son nom à un de nos prix les plus convoités, aussi digne que son père spirituel.

"Les prix Sacem, c'est le témoignage de gens que vous avez intéressés, touchés…Des anges qui arrivent comme ça et qu'on ne contrôle pas. C'est magnifique. Vous ne pouvez pas savoir à quel point cela me fait plaisir. Je vous embrasse". Alain Bashung, Grand Prix de la chanson française (créateur-interprète) 2008

Car il y a deux types de prix : ceux qui entérinent un succès, une carrière, et ceux qui en pressentent une. Ceux-là, si l’ont peut dire, n’ont pas de prix, car chacun sait que la route d’un créateur est jalonnée de… créateurs, qui lui passent le relais ou, comme dirait Souchon, lui renvoient la balle ("Chanter, c’est lancer des balles") : témoin justement le prix Francis Lemarque de cette année, où Benoît Dorémus, repéré et produit par Renaud, emboîte le pas et la scène à Renan Luce, autre proche du chanteur. Une démarche à la Cabrel, côté Astaffort. Reste qu’aujourd’hui, on a trop souvent "oublié le nom de l’auteur", comme dans "L’âme des poètes", et qu’on aurait tendance à en nier même l’existence, en lui refusant parfois ce droit de vivre qui s’appelle… droit d’auteur et passe autant par le net que par la scène. De ce point de vue, la signature du récent accord de la Sacem avec YouTube constitue une étape historique, en ce 160 e anniversaire de la création de notre société.

Les Prix Sacem viennent donc de loin, du cœur de notre mémoire collective. Les "poètes du XXe siècle" - Jean Tardieu, Pierre Seghers, Michel Butor, Aimé Césaire, Rezvani, René de Obaldia, Roland Dubillard, Claude Roy, Andrée Chédid - y côtoient les "classiques d’aujourd’hui" (ou contemporains), Tristan Murail, Claude Arrieu, Ivo Malec, Betsy Jolas, Michael Levinas, Yvonne Loriod, Philippe Manoury, André Jolivet, Serge Nigg, Maurice Ohana, Gilbert Amy, Georges Aperghis, Philippe Hersant, Edith Canat de Chisy, Jean-Louis Florentz, Graciane Finzi, Bruno Mantovani, et bien sûr Henri Dutilleux et Olivier Messiaen. Les musiciens de films - Georges Van Parys, Maurice Jarre, Francis Lai, Antoine Duhamel, Pierre Jansen, Eric Serra, Bruno Coulais, Alexandre Desplat…- y croisent les jazzmen, Michel Petrucciani, Stéphane Grappelli, Bernard Lubat, Patrice Caratini, Michel Portal, Eddy Louiss, François Jeannot, Aldo Romano, Richard Galliano, Daniel Humair, André Hodair et Maurice Vandair, quel big band d’enfer ! Désiré Dondeyne, ancien chef de la Fanfare de Paris, y rencontre Marceline Desbordes-Valmore, poétesse disparue en 1859, Thierry Le Luron y fait écho à Jean-Michel Caradec et Daniel Balavoine, et Philippe Léotard à Daniel Gélin, dans une minute d’émotion pure.

Et il faudrait un livre entier pour rendre hommage à toutes ces "petites mains de la grande chanson" que furent Claude Valéry ("Comme un petit coquelicot"), Gaby Verlor ("Ma petite chanson", "C’était bien"), Florence Véran ("Je hais les dimanches") Michèle Senlis et Claude Delécluse ("Les amants d’un jour", "Deux enfants au soleil"), Michèle Senlis ( "Mon vieux"…), Michèle Vendôme, ou encore Louis Ducreux ("La rue s’allume"), Yvan Dautin ("La méduse"), Maurice Vidalin, tous habités d’un même point commun : s’être retrouvés un jour sous les spots de la Sacem, qui ne vous éclairent pas comme les autres, vous embrasent de l’intérieur, ne s’éteignent pas tout à fait quand l’auteur retourne "à sa lampe", avec son petit morceau d’étoile enrubanné. Les prix Sacem ont "quelque chose d’autre", un supplément d’âme pour l’intéressé, même pour les éditeurs, nos "Galigrasset" et Maspero à nous, récompensés à double titre : pour leurs artistes et à titre personnel (Gérard Davoust, Max Amphoux, Francis Dreyfus, Nicolas Galibert, Pierre Lemoine, François et Jean Leduc, Charles Talar, Frédéric Leibovitz, etc).

Etre reconnu par ses pairs, en l’occurrence le Conseil d’administration de la Sacem, n’a en effet rien à voir avec les autres "retours" (comme disent les musiciens) d’une vie d’artiste, le plus important restant bien sûr celui du public. C’est un signe, presque une connivence, au meilleur sens du terme, qui s’écrit au plus profond du créateur, car on ne ment pas à un professionnel. Et un des rares moments où l’on voit l’un des métiers les plus individualistes au monde - on créée souvent à la première personne, même pour un autre - faire corps et chorus, donner tout son sens à l’expression "société d’auteurs", tels que l’entendirent Parizot, Henrion et Bourget au temps de notre révolution de 1848.

Les lauréats de ce soir sont donc, sans le savoir, "descendants" de Jacques Prévert (Prix 1965), Serge Gainsbourg (1963), Claude Nougaro et Charles Aznavour (1964), Léo Ferré (1984), Jean Ferrat (1994), Barbara (1965), Alain Souchon (quatre fois lauréat, comme Julien Clerc et Jean-Loup Dabadie), Renaud (1983), Michel Sardou (1995), Michel Polnareff (1972), Francis Cabrel (2006), Bernard Lavilliers (2002), Georges Moustaki (2004), Françoise Hardy (2000), Raymond Devos (2001), Guy Bedos (1990), Charles Trenet, Pierre Henry, Jean Dréjac, Eddy Marnay, Pierre Delanoë, Alan Stivell... Mais aussi Air, Noir Désir, Les Rita Mitsouko, Indochine, Louise attaque, la Mano Negra, M, Dionysos, Diam’s, Abd el Malik, MC Solaar, Grand Corps Malade, Kassav, Salif Keita, Malavoi, etc. Et ce n’est pas un mince héritage. Sans se connaître, ils se ressemblent parfois (Gotan Project et Oscar Strasnoy avec leurs racines argentines, fusionnelles), traquent avec la même constance le mot juste ou la note parfaite (Benjamin Biolay et Jean-Michel Jarre), le son ou la lumière qui fera écho à leurs émois (Christophe et Marc-André Dalbavie), l’image et la phrase qui témoigne, donne à voir notre époque à ses contemporains (Angélique Kidjo et Gaëtan Roussel), et que Florence Foresti tournera subtilement en dérision, cerise sur ce très beau gâteau d’anniversaire après Anne Roumanoff et Muriel Robin.

C’est dire si, au-delà des apparences et des formatages, les Prix Sacem se suivent et se répondent à travers les décennies, de la rue Chaptal à Neuilly, du Théâtre du Rond Point à Marigny, de Jean-Claude Brialy et Dave à Isabelle Giordano (présentateurs), de Bernard Giraudeau à Jean-Piat (intervenants scéniques), écrivent ensemble la grande et difficile histoire de la création contemporaine à force de rimes, de refrains, de démos et autres symphonies ou comédies musicales. A chaque fois qu’un lauréat monte sur scène, c’est toute une famille d’artistes qui s’exprime à travers lui, nous rappelle Jacques Higelin, Grand Prix 2009 et somptueux septuagénaire : "J’aime quand on vient me dire : on a grandi avec toi, tu n’as pas démérité de ceux qui t’ont précédé, ni de ceux qui t’ont suivi". Grand Prix de la chanson française (créateur-interprète) 2009.
 

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La presse en parle

  • Grand Prix Sacem 2010: La sélection dévoilée sur lejdd.fr
  • La Sacem dévoile ses Grands Prix 2010 sur musiqueinfo.com
  • A la une : Benjamin Biolay, JM Jarre, Florence Foresti, Mme Thierry Roland : tous superbes ! sur news.launch.yahoo.com
  • Les Grands prix de la Sacem dévoilés sur le Figaro.fr
  • Christophe, Florence Foresti et Jean-Michel Jarre, lauréats des Grands prix de la Sacem sur le Point.fr
  • Florence Foresti invitée du jour de Marc-Olivier Fogiel sur Europe 1 (mercredi 17 novembre), il évoque son Grand Prix Sacem en prologue de l’interview.
  • Les lauréats des Grands Prix de la Sacem sur l'express.fr
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